Techstars c’est un des programmes de type “accélérateur” le plus grand et ayant le plus de succès dans le monde. Plusieurs d’entre vous doivent connaitre le chapitre de Boston, plus près de nous mais il y a des chapitres à New-York, Boulder et Seattle aussi. David Cohen a lancé TechStars avec Brad Feld, David Brown et Jared Polis en 2006.
Pourquoi je vous parle de TechStars aujourd’hui? Parce que c’est un programme basé sur le mentorat. David Cohen croit qu’un entrepreneur d’expérience apprend énormément de ses bonnes expériences mais encore plus de ses échecs. C’est sur cette base que le mentorat est devenu le centre de TechStars. Ce programme connait tellement de succès que dernièrement il a fait les manchettes puisqu’on disait qu’il est plus difficile d’y entrer que d’être accepté à Harvard. En effet, chaque chapitre recoit des centaines d’application pour chaque cohorte de 3 mois.
Des mentors comme Fred Wilson ou encore le fondateur de Foursquare Dennis Crowley accompagnent les entrepreneurs. Et les lecons données sont sur le “savoir-être” entrepreneur. David Cohen a vendu sa première compagnie et a empoché une très jolie somme. Tout son travail, son équipe, sa strategie et un peu de chance ont payé. Pourtant, le pdg de l’entreprise qui a acquis la sienne lui a dit quelques années plus tard “Tu as laissé la moitié de l’argent sur la table”. Un mentor qui est passé par là, que ce soit dans le secteur des technologies ou un autre secteur ou l’acquisition est une des startégies visée, ca aurait fait la différence.
J’ai découvert qu’ici, au Québec, nous avons un réseau de mentorat immense, structuré, régi par un code d’éthique et en cela, unique au monde. Ca s’appelle le Réseau M. Oui, vous pouvez y voir une “plogue” de la Fondation de l’entrepreneurship où je suis professionnellement installée depuis janvier. Mais je dois vous dire en toute sincèrité que de découvrir ces 1200 mentors (bénévoles) qui poussent tous dans le même sens, qui sont des gens avec l’expérience, le savoir et la volonté de partager que seuls les entrepreneurs et gestionnaires qui ont réussi et qui ont la maturité pour vouloir le partager sans le crier sur les toits, c’est vraiment impressionnant.
En arrivant dans la région de Joliette, à peine 2 semaines après mon entrée en poste, je sers la main d’un homme qui a 2 quincailleries dont une très grande surface/entrepot. 350 employés. Et il n’est pas à la retraite. Il est assis avec 4 autres entrepreneurs d’envergure qui sont passé par la croissance, les RH, la gestion du cash-flow, alouette! pour discuter de l’activité porto et chocolat organisée avec leurs mentorés (des jeunes entrepreneurs en web, transformation alimentaire, etc) qui aura lieu la semaine suivante. “Moi je veux être certain qu’on ait du temps pour jaser et que mes mentorés puissent aussi apprendre des autres mentors. On est là pour ca!”
En anglais, c’est “humbling” le mot qui était dans ma tête.
A Saguenay, j’ai vu une femme incroyable qui a 2 grandes épiceries et un centre de coupe de viande. Après bien des prix et des reconnaissance elle devait se concentrer sur la gestion de sa croissance. Qu’a-t-elle fait? un réflexe tout naturel selon elle, elle est allée se chercher un mentor. Une autre femme formidable a décidé de racheter une grosse entreprise dans un secteur non traditionnel. Elle est magnifique, solide, et pleine d’ambition. Elle est tout de suite venue chercher un mentor pour l’appuyer. Elle était avec nous lors de la rencontre avec notre président M. P. K. Peladeau et laissez-moi vous dire qu’elle en avait des choses à lui dire. Impressionnant.
Les réseaux de mentorat à travers le monde sont en développement. Les grands joueurs développent plusieurs initiatives de réseaux (Kauffman Foundation est un exemple frappant). Et nous, ici, au niveau du mentorat, on est en avance. Le saviez-vous?
Laisser la moitié de l’argent sur la table, personne ne veut cela. Laisser toute cette aide et cette expertise sans en profiter non plus!
-source Financial Post, 6 fev 2012









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